DANSES AFRO-CUBAINES – Âm Métis

Les cultures afro-cubaines furent jusqu’à la fin du 19ème siècle celles des esclaves arrivés à Cuba, puis au 20ème siècle celles de leurs descendants. Elles sont aujourd’hui celles de tous les cubains qu’ils soient noirs, blancs ou métis. Dans la musique afro-cubaine on trouve trois éléments indissociables et d’égale importance : la percussion (principalement des tambours), le chant et la danse. On distingue principalement les danses yoruba, congo et arará.

 

LES DANSES YORUBA

cours-particulier-danses-afro-cubaines-yoruba-parisLes yorubas sont la deuxième ethnie installée à Cuba, originaires du Nigéria (et de certaines parties du Bénin et du Togo), arrivés en tant qu’esclaves. Longtemps connus à Cuba sous le nom de Lucumís, ils possèdent de riches traditions culturelles et artistiques. Le syncrétisme de leur religion et du catholicisme engendre un culte appelé la « Santería », dans lequel chaque Orisha est associé à un Saint catholique.

Le panthéon yoruba comporte une centaine d’Orichas, dont une vingtaine de divinités plus importantes. On les distingue par leurs pouvoirs, leurs symboles, leurs jours de la semaine ou de l’année (selon à la fois les calendriers africains et catholiques), leurs couleurs, leur musique, leurs chants et leurs danses spécifiques. A chaque Orisha correspond un rythme, un chant et une danse. Ces rythmes, ces chants et ces danses ont pour but d’attirer et d’honorer ces divinités.

Les principaux Orishas  interprétés par les danseurs sont :

  • Eleguá, divinité enfant, symbole de la destinée, il ouvre et ferme le cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-eleguachemin. Toutes cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-elegua-orishales fêtes et cérémonies commencent par lui. Ses mouvements sont facétieux. Ses couleurs sont le rouge et le noir.

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-ogun-orishaOgún, dieu des métaux, guerrier et forgeron, il vit dans la montagne. Ses couleurs sont le vert et le noir.

 

 

 

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-babaluaye-orishaBabalú Ayé, divinité masculine protecteur des maladies, ses mouvements représentent l’agonie et la résurrection. Ses vêtements sont souvent en toile de jute avec des ornements violets.

 

 

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-shango-orishaChangó, divinité masculine de la musique (et donc des tambours), de la foudre et de la virilité. A la fois guerrier et séducteur, ses mouvements sont élégants et viriles. Ses couleurs sont le rouge et le blanc.

 

 

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-obatala-orishaObatalá, roi des Orichas et divinité de la paix. Sa couleur est le blanc.

 

 

 

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-oya-orishaOyá, (qui est en Afrique le fleuve Niger) déesse cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-oyaguerrière des vents et des tempêtes, de la mort et du renouveau. Elle possède toutes les couleurs sauf le noir.

 

 

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-yemaya-orishaYemayá, déesse de la maternité et de la mer. Ses mouvements représentent lescours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-yemaya trois états de la mer(calme, agitée et en proie à la tempête), de la vague au tourbillon. Sa couleur est le bleu.

 

 

  • cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-oshun-orishaOchún, divinité féminine descours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-oshun rivières, de l’amour et de la beauté. Ses couleurs sont le jaune et l’or.

 

 

 

 

cours-particulier-danses-afro-cubaines-paris-batasLes cérémonies publiques (« toque de Santo ») sont le plus souvent accompagnées par trois tambours batá (tambours à deux peaux de tailles différentes).

 

 

 

LES DANSES CONGO

Les congos, ainsi nommés à Cuba, sont les peuples d’origine bantoue issus du Congo Brazzaville, du Congo Kinchasa et de l’Angola. Les congos pratiquent à Cuba la religion de la Regla Congo aussi appelée Regla de Palo ou Palo. On désigne sous le terme « cycle congo«  l’ensemble des musiques et danses des congos. Parmi celles-ci :

  • la Yuka, musique profane à caractère festif jouée en plein air, plus particulièrement dans la région de Santiago de Cuba, est la musique congo la plus ancienne. Elle date du 19ème siècle. Elle est souvent considérée comme une des racines de la rumba, et surtout du guaguanco, tant pour la musique et son instrumentation que pour la danse. Elle se joue sur 3 tambours nommés yuka, accompagnés d’une guagua ou cajita (petit morceau de bois évidé frappé avec des baguettes) et d’une guataca (serpette, soc de charrue ou plus récemment cloche en métal) qui a une fonction musicale similaire à celle de la clave (deux morceaux de bois frappés l’un sur l’autre).
  • le Palo, rythme le plus joué du « cycle congo », à caractère religieux, symbolise les rituels guerriers comme la révolte des esclaves et la confrontation de tribus. Son tempo est élevé. Il est joué par 3 petits tambours nommés palo ou ngoma et une guataca.
  • la Makuta, musique cérémoniale à l’origine (cérémonie de couronnement des rois congos en Afrique), est devenue rituelle et sacrée à Cuba, puis publique voir festive. Elle se joue sur 3 tambours nommés makuta, une guagua et une guataca.

 

LES DANSES ARARA

Les ararás, moins nombreux à Cuba que les yorubas ou les congos, sont originaires du sud de l’actuel Bénin. Un pacte religieux aurait été signé entre des chefs religieux yoruba, arará et egbado au 19ème siècle, permettant l’association des trois religions. D’où le fait que l’on présente certaines divinités arará en parallèle avec leurs homologues yorubas, les Orishas :

  • Afrá, équivalent arará d’Eleguá
  • Obalúayé, équivalent de Babalú Ayé
  • Hebbioso, divinité du feu et de la foudre, équivalent de Changó
  • Ajosí ou Awueyí, divinité  équivalente à Obatalá
  • Afrekete, divinité de l’océan, équivalent de Yemayá
  • Mase, divinité équivalente à Ochún.

La musique arará se joue sur 3 à 5 tambours en forme de coupe, recouverts d’une seule peau.